5 erreurs à éviter lors d’une étude de marché en grande distribution (et comment les corriger)

Lancer une gamme en grande distribution peut sembler simple. Pourtant, une étude de marché mal préparée peut vite transformer un projet prometteur en déception : mauvais ciblage, offre inadaptée ou concurrence sous-estimée. Les conséquences affectent directement le temps, le budget et les opportunités. Une étude de marché grande distribution n’est jamais une formalité. Pour être utile, elle doit s’appuyer sur des données GMS fiables, contextualisées et analysées intelligemment. Découvrez les cinq erreurs les plus fréquentes et comment les corriger grâce à des données actualisées, pour sécuriser votre prospection et vos décisions stratégiques.

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  1. Erreur n°1 – Ne pas définir d’objectifs clairs

    Beaucoup d’entreprises abordent leur étude de marché sans préciser :

    • Quel produit tester : une gamme complète ou une référence pilote ?
    • Quel horizon géographique : local, régional, national ?
    • Quel objectif stratégique : se positionner, valider une opportunité ou convaincre une enseigne ?

    Or, une étude sans cap, c’est comme une carte sans boussole : vous pouvez accumuler des données, multiplier les graphiques et remplir des tableaux Excel… mais au final, vous n’apprendrez rien d’utile.

    Ce qui se passe quand les objectifs sont flous

    • Trop de produits analysés à la fois : impossible d’identifier celui qui a un vrai potentiel ;
    • Un champ géographique élargi sans hiérarchie : des données dispersées et des conclusions floues ;
    • Des objectifs mélangés : valider un lancement, rassurer des investisseurs et convaincre une enseigne simultanément, ce qui brouille l’analyse.

    Exemple

    Une marque de snacking sain collecte des données sur 1 000 points de vente pour “tester le marché”, sans préciser si elle cherche à :

    • Valider un positionnement haut de gamme ;
    • Identifier un réseau prioritaire ;
    • Préparer une négociation avec une centrale d’achat.

    Résultat : des dizaines de graphiques, mais aucune décision claire. Les données ne sont pas actionnables, car elles ne répondent à aucune question précise.

    La bonne pratique : cadrer vos objectifs dès le départ

    Une étude de marché efficace doit être ciblée et mesurable. Cela implique de :

    • Définir le produit concerné : une gamme complète, une innovation, une référence test ?
    • Délimiter le territoire : un bassin logistique de 50 km, une région prioritaire, un panel d’enseignes régionales ?
    • Fixer un horizon temporel : court terme (6-12 mois pour tester), moyen terme (déploiement régional en 2 ans), long terme (maillage national) ?
    • Aligner l’étude avec la stratégie : veut-on rassurer des investisseurs, prioriser des zones, convaincre une enseigne ou ajuster un positionnement ?

    Exemple

    Au lieu d’un objectif vague type : “Voir où mon produit bio peut se vendre”, un objectif clair pourrait être : “Identifier 3 enseignes régionales bio où lancer une gamme test de 5 références, dans les 12 prochains mois, avec un seuil de rentabilité estimé à 9 mois.”

    Une étude n’a de valeur que si elle répond à une question précise. Définir vos objectifs permet de concentrer vos analyses et sécuriser vos décisions

  2. Erreur n°2 – Sous-estimer la concurrence

    Une étude de marché ne consiste pas seulement à regarder “où sont les consommateurs”. Elle doit aussi répondre à une autre question clé : “Avec qui vais-je partager ce marché ?”. Or, beaucoup d’acteurs négligent ce volet et se focalisent uniquement sur la demande (population, pouvoir d’achat, flux). Ils investissent ensuite dans des zones déjà saturées où leurs chances de percer sont minimes.

    Ce qui se passe quand on oublie la concurrence

    • Vous ouvrez un point de vente ou référencez un produit… dans une zone où une enseigne dominante capte déjà 70 % des parts de marché ;
    • Vous proposez une offre quasi identique à celle d’un acteur historique… mais sans différenciation prix ou service ;
    • Vous découvrez trop tard que la zone est déjà ciblée par plusieurs nouveaux entrants et vous vous retrouvez au milieu d’une guerre commerciale.

    👉 Conséquences : cannibalisation, marges rognées, rentabilité compromise.

    Exemple

    Un fabricant de boissons santé souhaite s’implanter en périphérie de grandes villes. Il identifie plusieurs hypermarchés à potentiel… mais oublie de regarder la présence des enseignes concurrentes. Résultat : il choisit une zone périurbaine où deux autres marques leaders ont déjà saturé les linéaires. Son produit peine à émerger, faute de différenciation et d’espace disponible.

    Une analyse concurrentielle plus fine lui aurait montré qu’en centre-ville, sur des formats de proximité, la concurrence était bien moins intense et plus propice à son positionnement.

    La bonne pratique : cartographier et qualifier la concurrence

    1. Cartographier la présence concurrentielle
      • Identifier les enseignes présentes par zone (hard discount, bio, proximité, hypermarchés, etc.) ;
      • Repérer les zones “blanches” (peu d’offre), les zones saturées, et les clusters (forte concentration d’enseignes similaires).
    2. Évaluer la performance des concurrents
      • Ne pas s’arrêter à la simple présence : analyser la dynamique (CA estimé, flux, fidélité client) ;
      • Observer la qualité du positionnement : prix agressif, offre premium, spécialisation, notoriété locale.
    3. Analyser la différenciation possible
      • Qu’apportez-vous de différent ?
      • Est-ce une offre plus qualitative, plus accessible, plus locale ?
      • Votre proposition de valeur doit compenser ou dépasser la force des concurrents en place.

    Exemple

    Plutôt que de cibler la périphérie lyonnaise déjà saturée en hypermarchés discount, une marque bio pourrait privilégier :

    • Les petites surfaces urbaines spécialisées ;
    • Des zones résidentielles où l’offre bio est encore faible.

    👉 Grâce à une cartographie croisée (concurrents + typologie socio-démographique), elle identifie un espace encore libre… et évite de se confronter directement aux géants du secteur.

    Sous-estimer les acteurs en place revient à ignorer les règles du jeu local. Une implantation réussie, c’est souvent moins d’affrontement direct, et plus d’opportunités différenciées.

  3. Erreur n°3 – Se contenter de données partielles ou obsolètes

    La fiabilité d’une étude de marché GMS dépend directement de la qualité des données utilisées. Trop souvent, les entreprises se basent sur des chiffres génériques, anciens ou incomplets

    Ce qui se passe quand on se base sur une donnée insuffisante

    • Vous fondez votre analyse sur une moyenne nationale… alors que les réalités locales varient énormément (ex. : pouvoir d’achat francilien vs rural) ;
    • Vous utilisez un panel figé, sans prendre en compte les fermetures, fusions ou changements de statut récents ;
    • Vous ignorez des données clés comme les flux pendulaires, la saisonnalité ou le chiffre d’affaires estimé par magasin.

    👉 Conséquence : vos décisions reposent sur une photo floue du marché, déconnectée du terrain. Résultat : implantations mal choisies, mauvais ciblage, perte de crédibilité auprès des enseignes.

    Exemple

    Une PME agroalimentaire décide d’investir dans une zone commerciale d’importance régionale. Ses études (datées de 2 ans) montrent plusieurs hypermarchés attractifs. Mais au lancement, elle découvre que :

    • L’un des magasins a fermé ;
    • Un autre a changé d’enseigne (et donc de politique d’achat) ;
    • La zone est désormais dominée par un nouveau concurrent discount très agressif.

    Résultat : sa stratégie est compromise dès le départ, car l’analyse reposait sur une donnée périmée.

    La bonne pratique : travailler avec une donnée vivante et croisée

    1. Croiser plusieurs sources de données
      • Données socio-démographiques locales (densité, revenus, structure des ménages) ;
      • Flux de consommation : pendulaires, touristiques, saisonniers ;
      • Chiffre d’affaires estimé et surface des magasins.
    2. S’assurer d’une mise à jour régulière
      • Les réseaux évoluent vite : fusions, fermetures, changement de statut (succursale → franchise) ;
      • Seule une base actualisée permet de refléter la réalité du marché.
    3. Adapter l’analyse au terrain réel : un chiffre global (ex. : “forte croissance du bio”) ne suffit pas. Il faut savoir où, dans quel format, et à quel rythme cette croissance se traduit concrètement.

    Exemple

    changé de statut et qu’un troisième est passé sous bannière discount.
    👉 Elle évite alors d’investir dans une zone en pleine mutation et réoriente sa stratégie vers des surfaces spécialisées bio encore sous-exploitées, ce qui sécurise son lancement.

    Des données partielles ou obsolètes faussent les décisions. Croiser, actualiser et contextualiser permet de transformer une intuition en stratégie rentable.

  4. Erreur n°4 – Oublier d’intégrer les tendances du marché

    Une étude de marché n’est pas seulement une photo à l’instant T : c’est aussi une projection. Beaucoup d’entreprises se concentrent uniquement sur l’état actuel du terrain… et oublient d’analyser les dynamiques à l’œuvre.

    Ce qui se passe quand on néglige les tendances

    • Vous basez vos décisions sur les pratiques actuelles, sans anticiper les changements de consommation.
    • Vous ignorez les mutations rapides du secteur GMS :
      • Montée en puissance du bio, du vrac, et du local ;
      • Explosion du snacking et des repas “on the go” ;
      • Développement des circuits courts et des achats responsables ;
      • Poids croissant du e-commerce alimentaire et du drive.
    • Votre offre est décalée dès le lancement.

    Exemple

    Un industriel lance une gamme de produits laitiers en grande surface en s’appuyant sur la consommation actuelle, mais sans tenir compte de la montée en puissance des alternatives végétales. Résultat : une faible adoption même si la zone ciblée semblait être la bonne.

    La bonne pratique : intégrer une lecture prospective

    1. Analyser les tendances sectorielles
      • S’appuyer sur les évolutions de consommation repérées dans les panels, les études de marché sectorielles, et les données LSA ;
      • Identifier les signaux faibles : ce qui est encore minoritaire aujourd’hui, mais qui peut devenir dominant demain.
    2. Projeter vos décisions dans le futur : ne pas seulement se demander : “quelle est la demande actuelle ?” mais plutôt : “quelle sera la demande dans 2 ou 3 ans, au moment où mon implantation sera mature ?”
    3. 3. Adapter votre offre à la dynamique locale :
      • Le bio peut progresser plus vite dans certaines zones urbaines que dans des zones rurales ;
      • Le e-commerce alimentaire peut cannibaliser certains formats physiques… mais renforcer d’autres (drive, click & collect).

    Exemple

    Une start-up spécialisée dans le vrac alimentaire hésite à cibler des hypermarchés classiques. Grâce à une lecture prospective, elle identifie que la tendance vrac est beaucoup plus forte dans les magasins bio et les formats de proximité urbaine. Elle choisit donc de se lancer via un partenariat avec un réseau bio régional, puis d’élargir progressivement — un choix qui correspond à la dynamique du marché.

    Une étude de marché utile ne se contente pas d’analyser le présent : elle prépare l’avenir. Anticiper les dynamiques locales et sectorielles vous permet d’assurer la pérennité de votre implantation.

  5. Erreur n°5 – Ne pas actualiser son étude

    Une étude de marché n’est jamais figée. Beaucoup d’acteurs considèrent qu’une fois leurs données collectées, le travail est terminé mais c’est faux. Le marché de la grande distribution évolue en permanence, et ce qui était pertinent il y a quelques mois peut être obsolète aujourd’hui.

    Ce qui se passe quand on ne met pas ses données à jour :

    • Vous basez vos décisions sur une photo du marché qui a déjà évolué : nouvelles ouvertures ou fermetures de points de vente, changements de direction ou politique d’achat des enseignes.
    • Vous ignorez l’arrivée de concurrents qui peuvent saturer une zone auparavant libre, faussant votre analyse de la zone de chalandise et vos projections de chiffre d’affaires.
    • Vos fichiers GMS deviennent partiellement inutilisables, ce qui fragilise votre prospection grande distribution et peut compromettre vos négociations avec les enseignes.

    Exemple concret

    Une marque de produits bio planifie sa prospection dans plusieurs hypermarchés régionaux. Ses fichiers GMS, datés de 12 mois, indiquent des points de vente disponibles et prometteurs. Au moment du lancement :

    • Deux magasins ont fermé ;
    • Un autre est passé sous une bannière discount et a modifié sa politique d’achat ;
    • Une nouvelle enseigne concurrente a ouvert dans la zone, captant l’attention des clients.

    Résultat : l’étude initiale ne reflète plus la réalité du terrain, et la stratégie de prospection nécessite une révision urgente pour éviter des investissements perdus.

    La bonne pratique : actualiser et croiser les données

    1. Mettre en place des mises à jour régulières : idéalement tous les six mois pour vos fichiers GMS et vos analyses de marché.
    2. Croiser les sources de données : chiffres de vente, flux clients, évolution des enseignes, tendances consommation alimentaire et études sectorielles.
    3. Adapter vos décisions à la dynamique réelle du marché : si un nouveau concurrent majeur s’implante dans votre zone cible, ajustez vos priorités ou recherchez des opportunités sur d’autres segments moins saturés.

    Exemple

    Grâce à une mise à jour semestrielle, une PME de snacking identifie qu’un hypermarché de sa zone cible a fermé et qu’un nouveau concurrent bio arrive sur le marché. Elle réoriente sa prospection vers des enseignes de proximité et des magasins spécialisés, sécurisant ainsi son implantation et maximisant ses chances de succès.

    Une étude de marché figée perd rapidement sa valeur. Actualiser vos fichiers GMS et vos données terrain garantit que vos décisions restent pertinentes et actionnables. Croiser, vérifier et mettre à jour régulièrement vos informations transforme vos analyses en véritable levier stratégique pour votre prospection grande distribution.

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